Genèse et évolution de la RSE

La responsabilité sociale des entreprises n’est aucunement un concept nouveau, même s’il portait des dénominations différentes de par le temps.

A l’aube du 19ème siècle et du développement industriel, on parle de paternalisme industriel des grandes entreprises, marquée par la prise de conscience et le développement d’une certaine éthique chez les dirigeants, une éthique consacrée généralement par des actions philanthropiques teintées de religiosité. La conjoncture géopolitique de l’époque et les différentes guerres ayant eu lieu ont marqué un relatif coup d’arrêt à l’évolution de ce paradigme.

Dès les années 1950, reprise de ce mouvement et ce sont en effet des auteurs américains qui ont forgé le concept de RSE en partant de postulats religieux et éthiques et résultant essentiellement en des actions philanthropiques. La RSE est ainsi un concept d’origine américaine d’inspiration religieuse et paternaliste.

C’est en 1953 que d’Howard BOWEN, un pasteur protestant à la demande de l’église, publie «Responsibility of the business man ». Il est le premier à utiliser le terme « Corporate Social Responsibility », traduit par la suite par « responsabilité sociale de l’entreprise ». Dans son ouvrage, Bowen insiste sur la contribution essentielle de l’entreprise au renforcement des valeurs portées par le rêve américain. Il rejoint ainsi l’éthique protestante du travail qui veut que le bon entrepreneur se comporte en père de famille, au sens du paternalisme, gérant ses profits de manière responsable, économe et sans ostentation.  L’entreprise est alors perçue comme un acteur social à part entière, investi d’une mission envers la société au sens large. Cet ouvrage a posé les jalons de la RSE et a marqué son avènement.

En 1970 , Milton Friedman, un des économistes les plus influents du XXème siècle, écrivait que « La responsabilité sociale des entreprises est d’augmenter leurs profits ». Ce point de vue était alors représentatif du scepticisme général régnant à l’époque.

Dans les années 1980, une autre vision de l’entreprise émerge et de nombreuses études ont vu le jour considérant que l’entreprise n’est pas seulement responsable devant les propriétaires du capital mais devant l’ensemble de ses employés, fournisseurs, clients, territoires à l’instar de celle FREEMAN en 1984 et la théorie des parties prenantes développée en 1999 par Archie B. CARROL.

En 1987 , dans le rapport des Nations Unies « Notre avenir à tous », dit rapport Brundtland, le concept de développement durable fit sa première apparition lors de la commission mondiale sur l’environnement et le développement durable. Le développement durable est alors défini comme « un développement susceptible de satisfaire les besoins de la génération actuelle sans compromettre la possibilité pour les générations futures de satisfaire les leurs ».

En 1992 , tenue du deuxième sommet de la Terre à Rio de Janeiro qui fut l’occasion pour 173 chefs d’Etats de prendre des décisions e matière d’environnement. Cette conférence donna lieu à l’adoption de la convention de Rio et à la mise en place de l’Agenda 21 (programme d’action pour le 21ème siècle orienté vers le développement durable). Ce dernier a pour but de lutter contre la pauvreté et les exclusions sociales, de produire des biens et des services durables et, de protéger l’environnement.

Schéma du développement durable
Le développement durable repose sur trois piliers fondamentaux : l’environnement, l’économie et le social et se situe à l’intersection de ces trois sphères.

Dans les années 1990 en Europe, la RSE a connu un gain d’intérêt suites aux actions entreprises par des organisations de la société civile à l’encontre d’entreprises coupables de torts sociaux ou encore environnementaux. Ce concept a alors été considéré comme la contribution des entreprises au développement durable et est la résultante des attentes d’une société civile de plus en plus informée et mondialisée d’une part, et d’autre part de la réponse des entreprises soucieuses de cultiver leur bonne image de marque.

Depuis de nombreux cadres normatifs nationaux et internationaux ont vu le jour et fournissent des recommandations communes à l’ensemble des entreprises afin de respecter et promouvoir cette responsabilité sociale. On peut citer :

Notons que si les organisations internationales (ONU, OCDE, OIT) sont à l’origine de textes fondateurs pouvant servir de référentiels aux entreprises souhaitant mettre en place une stratégie RSE, elles ne disposent pas d’un pouvoir de contrainte, laissant pour l’essentiel au bon vouloir des entreprises le soin de décider de l’application de ceux-ci (soft low ou autorégulation).